Auteur Sujet: [TUTO] Avant-propos ou prologue ?  (Lu 61 fois)

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[TUTO] Avant-propos ou prologue ?
« le: 06 décembre 2018 à 04:00:34 »
Hello à tous
En ce qui me concerne, je trouve qu'il n'y a largement pas assez de discussions sur ce que j'appellerais "la tambouille de l'écrivain amateur". C'est la raison pour laquelle, je me permets de lancer des sujets dessus.

La question pourrait être : qu'est-ce que vous mettez au début de votre fic et pourquoi ?
Je ne vais pas écrire "comment commencer une fic" car ça pourrait laisser entendre qu'on en est encore au stade de ne pas savoir comment faire pour commencer à écrire (trouver un bon sujet, dégager du temps libre...)  :D

Non je pense plus au démarrage "formel" de votre fic. Faites-vous partie de ceux qui "parlent" à leurs lecteurs en les informant à l'aide d'un avant-propos ou un préambule ?
Passez-vous cette formalité inutile pour commencer plutôt par un prologue ?
Faites-vous fi de cette étape pour attaquer directement par votre incipit ?

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Le préambule (ou avant-propos)

C'est un petit avertissement où l’auteur s’adresse au lecteur pour lui donner une introduction, des explications. Grâce à lui vous pouvez préciser un peu le contexte de l’histoire et vos intentions d’écriture.   
Il attire l’auteur qui veut profiter de la dimension "réseau social", ou celui qui est conscient que son PITCH n’était pas excellent. :D (voir le tuto Pitchez comme un champion), ou qui déteste devoir essayer d'attirer du monde avec deux lignes et a besoin de "place".

La simple « note de l’auteur » est aussi appréciée aussi par ceux qui souhaitent apporter des éclaircissements préalables ou bien ceux qui ne publient pas régulièrement et laissent un mini récap. Elle n'est pas indépendante (comme l'avant-propos) mais placée juste en haut de la page.

A FAIRE. Si vous êtes tentés, gardez tout ça court. Les lecteurs sont mitigés à leur sujet. Certains, pressés de commencer trouvent tout « blabla » très impatientant (et le zappent), d’autres le trouvent au contraire très utile car cela leur épargne éventuellement de lire une histoire qui finalement a des objectifs qui ne les intéresse pas...

A NE PAS FAIRE. J’ai déjà vu des introductions constituées uniquement de la fiche technique de police des personnages, histoire de ne pas en passer par leur description au début de la fanfic... C’est vraiment génial d’avoir fait des fiches, mais c’est juste votre outil de travail à vous. La présentation des personnages doit être intégrée à l’histoire.

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La citation de “quelqu’un de connu” (de vous)

Absolument dispensable, mais toujours chic, la « petite phrase » en valeur, sous le titre, marque des points pour témoigner de votre culture ou quand elle est judicieusement dispensée, sert également de distillateur d’ambiance. On est d’accord, si malgré votre présence ici, vous n’êtes pas littéraire et vous n’aimez pas lire, ça peut être une ou deux rimes de chanson...

Car idéalement, cette citation devrait avoir un rapport avec votre fic entière ou votre chapitre. Ne la mettez pas juste pour faire joli. Souvent, vous l’aimez particulièrement et c’est peut-être même elle qui vous a donné de l’inspiration pour écrire sur le thème qu’elle aborde. Il n’y a alors pas de raison de vous en passer.

A FAIRE. Veillez seulement à bien indiquer qui en est l’auteur (pour rendre à César, ce qui appartient à César) et de quelle œuvre elle est tirée.

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Prologue ou pas prologue ?

Avec le prologue, ce n’est plus du « blabla », vous avez commencé à écrire pour de bon et vous avez avec une intention précise. Le prologue n’est pas du tout le résumé de votre histoire, c’est littéralement une scène d’introduction.
Introduit-elle votre personnage principal ? Un élément crucial précédant votre intrigue et possédant un gros impact dessus ? C’est vous qui voyez.

Si vous pensez qu’écrire un prologue c’est ringard, pensez aux séries télé ou aux films, où cela s'appelle plutôt la « scène d’ouverture pré-générique » (pretitle - prétailleteul - in English). Et en général, sa mission est simple : accrocher en en mettant plein la vue… Pour vous, ça sera le moyen de donner un premier aperçu de votre style, et de finir sur quelque chose qui va donner à votre lecteur l'envie de savoir ce qui se passe ensuite. S'il y a un moment où vous devez mettre un gros suspense mortel (cliffhanger), pourquoi pas là ?     

Sachez toutefois que ce n'est pas obligatoirement nécessaire à une bonne histoire. C’est juste une sorte de technique qui emprunte à d’autres médias plus visuels. N’essayez pas d’en caser un à toute force si vous ne savez pas quoi faire avec. Certains genres d’histoires, comme les enquêtes, les mystères, peuvent s'en accommoder plutôt mieux.   

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L’incipit

Avec l’incipit (c’est du latin) votre chapitre 1 vient officiellement de commencer.
Que ce soit pour du one-shot ou pour de la fic à chapitres, le meilleur conseil qu’on peut vous donner est de le bichonner avec triple couche de polish, parce que ce sera peut-être la seule chose que le lecteur lira de vous.
Selon les cas, on désigne par "incipit" soit la toute première phrase d'un roman, soit au moins son premier paragraphe.

Cette toute première phrase a beaucoup de missions et fonctions implicites.  Elle doit définir :
- le genre de roman (réaliste, parodie…) que vous écrivez et son « ton ». Notez que si vous écrivez un conte, l'incipit quasi obligatoire est : "il était une fois".
- quel type de narration vous allez choisir (1e ou 3e personne du singulier) 
- le registre de langue (soutenu, familier…) que vous allez adopter.

Cette première phrase devrait potentiellement aussi comporter plusieurs de nos amies les six questions (voir PITCH) : qui, quoi, quand, où, quand, comment ?

Et dans le même temps, elle doit aussi stimuler et retenir l’attention du lecteur, l’interpeler que ce soit métaphoriquement ou littéralement. En définitive, il faut permette au lecteur de « rentrer » dans l’histoire, en présentant quelque chose qui est soit fort, soit pas du tout anodin pour la suite de votre intrigue.

Exemples : Ecrire un début de roman accrocheur

Quand on considère que l'incipit s'étend à tout le premier paragraphe, les pros distinguent plusieurs façons de faire : statique, progressive, suspensive ou dynamique.

L'incipit statique 
Il est très informatif, il décrit précisément les lieux, les personnages, ainsi que le contexte de l'action qu'il soit historique, politique, social, économique... La foule de détails place le lecteur en état d'attente. Pensez à Balzac si vous l'avez lu.

L'incipit progressif

Il livre les informations petit-à-petit. Le lecteur reste dans l'ignorance de certaines choses que l'auteur se réserve de communiquer plus tard.

L'incipit suspensif 
Il est presque similaire au précédent, sauf qu'il donne un minimum d'informations volontairement et cherche surtout à dérouter le lecteur.

L'incipit dynamique (in media res)
Née au 20e siècle, cette technique dramatique force le lecteur à "prendre le train en marche" en le jetant dans une histoire qui semble avoir commencé sans l'attendre. Il n'a aucune explication préalable sur rien, ne sait pas qui sont les personnages, ni où, ni quand (bref, il ne répond pas aux "six questions").

Vous êtes à la fin de ce petit tour d'horizon des "commencements".
OldGirl
Les fics d'OldGirl

"Ouais. Le FBI. Bien sûr. Avec des pseudos aussi cons et une plaque en toc. Ces mecs vous prennent pour un jambon."
Madame rêve, Reimusha